D’octobre à juin, il ne pleut presque plus autour de Niamey. Pendant huit mois, les arbres doivent se contenter de ce que le sol a gardé en réserve, et de l’eau que les hommes leur apportent. Pour un arbre planté en juillet, cette première saison sèche est l’épreuve décisive.
C’est là qu’interviennent les familles référentes.
Qui sont les familles référentes ?
Ce sont des familles qui vivent à proximité d’un site de plantation et qui acceptent de veiller sur un petit groupe d’arbres, généralement entre cinq et quinze. Elles ne sont pas rémunérées. Elles s’engagent parce qu’elles voient l’intérêt de ces arbres pour leur quartier, leurs champs ou leurs enfants.
Leur rôle est simple sur le papier :
- arroser une à deux fois par semaine, selon la chaleur ;
- vérifier que les animaux n’abîment pas les plants ;
- prévenir l’association en cas de problème : arbre cassé, maladie, protection détruite.
En pratique, c’est un engagement réel, qui demande du temps et de l’énergie pendant de longs mois.
Combien d’eau ?
Un jeune arbre n’a pas besoin de beaucoup d’eau, mais il en a besoin régulièrement. C’est la première chose que nous expliquons aux familles.
Mieux vaut un arrosage profond par semaine que quelques gouttes chaque jour. Un arrosage trop léger mouille seulement la surface : l’eau s’évapore avant d’atteindre les racines. Pire, il encourage les racines à rester en surface, là où elles sont les plus vulnérables à la chaleur.
À l’inverse, un arrosage généreux pousse les racines à descendre en profondeur pour suivre l’humidité. Un arbre aux racines profondes résistera beaucoup mieux, et pourra un jour se passer complètement d’arrosage.
À quel moment ?
Tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil. En pleine chaleur, une grande partie de l’eau s’évapore immédiatement, et le choc thermique peut même abîmer les racines.
Beaucoup de familles arrosent au retour du puits ou de la pompe, en fin d’après-midi. C’est parfait.
Le paillage
Nous encourageons aussi les familles à pailler le pied des arbres. Une couche de feuilles sèches, de paille ou de tiges de mil autour du tronc garde l’humidité plus longtemps et protège le sol du soleil.
C’est un geste simple, gratuit, et d’une grande efficacité.
Notre soutien
L’association ne laisse pas les familles seules. Nous fournissons des bidons à celles qui en ont besoin. Nous passons régulièrement sur chaque site pour faire le point : état des arbres, besoins en eau, difficultés rencontrées.
Ces visites sont aussi l’occasion de discuter, d’écouter et de remercier. Elles entretiennent le lien entre l’association et les familles, et montrent que leur engagement est reconnu.
Les difficultés
Tout n’est pas simple. L’eau a un coût, en argent ou en effort, surtout quand le point d’eau est éloigné. Certaines familles ont des contraintes de travail ou de santé qui rendent l’arrosage difficile certaines semaines.
Dans ces cas, nous cherchons des solutions ensemble : un voisin qui prend le relais, un bénévole qui passe ponctuellement, un arrosage décalé.
Le cœur du projet
Sans ces familles, aucun de nos arbres n’aurait de chance. Elles sont le cœur du projet, bien plus que les sessions de plantation qui, elles, ne durent que quelques heures.
Pendant les mois qui viennent, ce sont elles qui feront vivre les arbres de Watourey Douma. Nous leur en sommes profondément reconnaissants.


