Trois ans de Watourey Douma : le bilan

Baobab sous un ciel bleu en saison sèche

Trois saisons de plantation, c’est le bon moment pour regarder en arrière. Pour mesurer le chemin parcouru, reconnaître ce qui a fonctionné, et regarder en face ce qui reste difficile.

Les chiffres depuis 2022

  • 5 000 arbres plantés ;
  • 38 sessions de plantation ;
  • 240 bénévoles mobilisés au moins une fois ;
  • 8 quartiers et sites, en ville et en périphérie de Niamey ;
  • une cinquantaine de familles référentes.

Saison par saison, la progression est nette : 1 200 arbres en 2022, 1 700 en 2023, 2 100 en 2024.

Ce dont nous sommes fiers

Au-delà des chiffres, nous sommes fiers d’avoir construit une méthode qui fonctionne. Préparation du sol avec les demi-lunes et le zaï. Choix d’essences adaptées, discutées avec les habitants. Plantations collectives encadrées par des chefs de groupe formés. Suivi par des familles référentes, pendant trois ans.

Cette méthode n’a rien de révolutionnaire. Elle s’appuie sur des savoir-faire anciens et sur le bon sens. Mais elle donne des résultats : là où les arbres sont suivis, la grande majorité survit.

Nous sommes fiers aussi des liens créés. Entre bénévoles, qui ne se connaissaient pas et sont parfois devenus amis. Entre voisins, qui se sont organisés pour arroser ensemble. Entre l’association et les écoles, les cultivateurs, les responsables de quartier.

Nous sommes fiers, enfin, d’avoir été honnêtes. Nous avons publié nos pertes, nos erreurs et nos doutes autant que nos réussites.

Ce que nous avons appris

Trois années de terrain nous ont appris que :

  • le suivi compte autant que la plantation ;
  • un arbre utile est un arbre protégé ;
  • les habitants s’engagent quand on les associe vraiment ;
  • les techniques traditionnelles sont souvent les plus efficaces ;
  • la patience est une qualité indispensable.

Ce qui reste difficile

Il serait malhonnête de ne parler que des réussites.

La survie des arbres en ville reste plus fragile qu’en périphérie. Les contraintes y sont plus nombreuses, et les gardiens changent plus souvent.

Le financement de la pépinière, des outils, des protections et du transport repose encore sur trop peu de personnes. Chaque saison, nous bouclons le budget de justesse.

Surtout, l’association dépend beaucoup de l’énergie de quelques bénévoles très investis. Ils portent l’organisation, la pépinière, les relations avec les familles et les quartiers. Plusieurs d’entre eux nous ont dit leur fatigue après cette saison très chargée.

Une croissance à maîtriser

En trois ans, l’association a grandi très vite. Plus de sites, plus de bénévoles, plus de plants à produire, à transporter et à suivre. Cette croissance est une bonne nouvelle. Mais elle pose une question que nous ne pouvons plus éviter : comment durer ?

Planter 5 000 arbres a demandé beaucoup d’efforts. Les suivre pendant trois ans en demandera encore davantage.

La suite

Ces trois années nous ont beaucoup appris. Elles nous ont aussi montré nos limites. Nous prendrons le temps d’en discuter ensemble dans les prochaines semaines, avec les bénévoles, les familles et nos partenaires.

Plusieurs pistes sont sur la table. Nous vous en parlerons en décembre.

Merci pour ces trois années. Rien de tout cela n’aurait été possible sans vous.

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