Le baobab, un géant qui prend son temps

Baobab centenaire dans un paysage sahélien

Le baobab est l’un des arbres les plus emblématiques d’Afrique de l’Ouest. Son tronc énorme, ses branches tortueuses qui ressemblent à des racines dressées vers le ciel, sa silhouette dépouillée en saison sèche : il est reconnaissable entre tous.

Il est aussi au cœur de nombreuses histoires, légendes et traditions. Dans beaucoup de villages, le grand baobab est un lieu de rassemblement, de palabre et de mémoire.

Un arbre aux mille usages

Rares sont les arbres aussi utiles que le baobab. Presque toutes ses parties servent :

  • ses feuilles, séchées et réduites en poudre, entrent dans de nombreuses sauces ;
  • son fruit, souvent appelé pain de singe, a une pulpe acidulée qui se consomme en boisson ou en bouillie ;
  • ses graines peuvent être grillées ou transformées en huile ;
  • son écorce fibreuse sert à fabriquer des cordes et des nattes ;
  • son ombre, en saison des pluies, est l’une des plus appréciées des villages.

Les oiseaux tisserins construisent souvent leurs nids dans ses branches, comme on peut le voir sur de nombreux baobabs de la région.

Un arbre lent

Le baobab grandit très lentement. Il faut de nombreuses années avant qu’il atteigne une taille importante, et souvent plus de quinze ou vingt ans avant qu’il donne ses premiers fruits.

Cette lenteur s’accompagne d’une longévité exceptionnelle. Certains baobabs vivent plusieurs siècles. Les plus grands spécimens d’Afrique sont parmi les arbres les plus anciens du continent.

Un réservoir d’eau

Le baobab a une stratégie remarquable pour survivre à la sécheresse. Son tronc, spongieux, stocke de grandes quantités d’eau pendant la saison des pluies. En saison sèche, il perd toutes ses feuilles pour limiter les pertes, et puise dans ses réserves.

C’est ce qui lui permet de traverser des saisons sèches très longues, là où d’autres arbres ne survivraient pas.

Pourquoi nous en plantons

Planter un baobab, c’est planter pour les générations suivantes. Nous le savons, et nous l’assumons.

Nous en plantons peu chaque année, mais à des endroits choisis avec soin, en accord avec les habitants : places de village, cours d’école, abords de lieux de rassemblement, limites de champs. Des lieux où l’arbre pourra grandir pendant des siècles sans gêner personne.

Le choix de l’emplacement fait souvent l’objet de longues discussions avec les anciens. C’est un moment important, presque solennel.

Les difficultés

Le baobab n’est pas un arbre facile à faire pousser. Ses graines ont une enveloppe très dure et germent mal sans préparation. Les jeunes plants sont très appréciés des animaux, qui peuvent les détruire en quelques bouchées. Il faut donc les protéger pendant de longues années.

Nos premiers baobabs, plantés en 2022, mesurent aujourd’hui à peine plus d’un mètre. Mais ils sont vivants, et c’est l’essentiel.

Planter pour ceux qui viennent

Ceux qui plantent un baobab aujourd’hui ne verront peut-être jamais ses fruits. Leurs enfants, eux, les verront. Et leurs petits-enfants s’assiéront sous son ombre pour parler, comme leurs ancêtres sous les grands baobabs d’autrefois.

C’est sans doute l’arbre qui résume le mieux notre démarche : patience, transmission, et confiance dans l’avenir.

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