En août, les pluies sont les plus régulières de l’année. Le sol reste humide plusieurs jours après chaque averse. C’est la meilleure période pour planter, et nous en avons profité au maximum.
Un rythme soutenu
Après la première session de juillet, nous avons accéléré. En août, nous avons organisé deux sessions par semaine, sur trois sites différents en périphérie de Niamey. Les équipes se sont rodées au fil des matinées.
Nous avons appliqué la leçon de juillet : chaque équipe a désormais un chef de groupe. Ce sont les bénévoles les plus expérimentés, ceux qui étaient là dès le début. Ils connaissent les gestes et les transmettent aux nouveaux venus. Cette organisation a tout changé : moins d’hésitations, moins d’erreurs, plus d’arbres plantés par matinée.
Des sessions plus courtes
Nous avons aussi réduit la durée des sessions. Au lieu de travailler jusqu’à midi, nous nous arrêtons désormais vers 9 h 30 ou 10 h. Trois heures de travail, c’est suffisant pour planter beaucoup, sans épuiser personne.
Le résultat est surprenant : les sessions courtes mobilisent plus de monde. Beaucoup de bénévoles peuvent venir avant d’aller au travail ou à l’école, ce qui était impossible avec des matinées entières.
Les imprévus
Un orage violent a interrompu une session au bout d’une heure. En quelques minutes, le ciel est devenu noir, le vent s’est levé et la pluie est tombée à verse. Nous avons dû tout arrêter et nous mettre à l’abri.
Le lendemain, une partie des demi-lunes était à refaire. Les bourrelets avaient cédé à certains endroits, et quelques plants avaient été emportés. C’est aussi ça, le terrain : la pluie est notre alliée, mais pas toujours au moment ni de la manière que l’on espère.
Nous avons pris le temps de réparer et de replanter. Cette expérience nous a appris à renforcer les bourrelets sur les terrains en pente.
La boue
Planter en août, c’est aussi accepter la boue. Les chemins d’accès deviennent glissants, les motos s’embourbent, les chaussures disparaissent sous la terre. Plusieurs bénévoles ont fini des sessions pieds nus.
Mais cette boue est une bonne nouvelle : elle signifie que le sol est gorgé d’eau, et que les jeunes arbres ont toutes les chances de bien s’installer.
Les enfants
Les enfants des villages voisins viennent de plus en plus nombreux. Au début, nous craignions qu’ils gênent le travail. C’est l’inverse : à condition de leur confier une vraie tâche, ils sont redoutablement efficaces. Transporter les plants, apporter l’eau, tasser la terre autour des pieds : ils prennent leur rôle très au sérieux.
Certains ont même commencé à « adopter » des arbres, en leur donnant le prénom d’un frère ou d’une amie.
Ce que nous retenons
- Planter juste après une pluie donne les meilleurs résultats.
- Les sessions courtes, de trois heures, fatiguent moins et mobilisent plus.
- Un chef de groupe par équipe change tout.
- Les enfants adorent participer, à condition de leur confier une vraie tâche.
La suite
Fin août, plusieurs centaines d’arbres supplémentaires étaient en terre. La saison n’est pas tout à fait terminée : il reste quelques semaines de pluie en septembre, que nous comptons bien utiliser.
Nous préparons aussi la suite : le suivi des arbres pendant la saison sèche, qui sera le vrai test de notre méthode.



