La pluie est indispensable à nos plantations. Sans elle, rien ne pousse. Mais cette année, la saison des pluies a été particulièrement intense dans la région. Plusieurs orages très violents ont touché Niamey et ses environs, avec des conséquences sur certains de nos sites.
Nous avons dû adapter nos méthodes en cours de saison. Voici ce que nous avons vécu et appris.
Ce que nous avons constaté
Sur les terrains en pente, l’eau a ruisselé avec une force que nous n’avions jamais vue. Elle a emporté une partie de la terre fraîchement remuée autour des jeunes plants. Certaines demi-lunes ont cédé sous la pression de l’eau accumulée.
Des plants ont été déracinés, d’autres recouverts de sable et de boue. Sur un site, une ravine s’est formée en une seule nuit, traversant plusieurs rangées d’arbres.
En ville, les rues inondées ont rendu certains emplacements inaccessibles pendant plusieurs jours.
Nos réponses immédiates
Face à ces dégâts, nous avons réagi rapidement :
- renforcer les bourrelets des demi-lunes avec des pierres, pour qu’ils résistent mieux à la pression de l’eau ;
- creuser de petites rigoles pour détourner l’eau des zones les plus exposées ;
- dégager les plants recouverts de sable, avec précaution ;
- replanter rapidement les plants perdus, tant que la saison le permettait ;
- décaler certaines sessions de quelques jours pour laisser le sol se stabiliser.
Les chefs de groupe ont organisé des sessions de réparation, plus courtes, dédiées uniquement à ces travaux. De nombreux bénévoles ont répondu présent.
Les cordons pierreux
Sur les sites les plus touchés, nous avons commencé à installer des cordons pierreux. Ce sont des alignements de pierres posés le long des courbes de niveau, perpendiculairement à la pente. Ils ralentissent l’eau, la forcent à s’infiltrer et retiennent la terre.
C’est une technique bien connue au Sahel, utilisée depuis longtemps par les agriculteurs. Nous aurions dû l’employer plus tôt sur les terrains en pente. C’est désormais chose faite.
Une leçon importante
Ces orages nous ont aussi apporté une preuve encourageante. Sur les sites plantés en 2022, les sols ont beaucoup mieux résisté que sur les terrains nus. Les racines des arbres, désormais bien installées, ont retenu la terre. L’herbe qui a repoussé autour d’eux a freiné le ruissellement.
Les arbres sont justement l’une des meilleures protections contre l’érosion. C’est la preuve, s’il en fallait une, que notre travail a du sens. Il faut simplement aider les jeunes arbres à passer leurs premières années, les plus fragiles.
Le bilan des dégâts
Au total, nous avons perdu une partie des plants installés en juillet sur les deux sites les plus exposés. La plupart ont pu être remplacés grâce aux réserves de la pépinière. Quelques zones seront replantées l’an prochain, une fois les aménagements terminés.
Nos pensées
Ces pluies ont causé des dégâts bien plus graves que la perte de quelques arbres. De nombreuses familles de la région ont été touchées par les inondations : maisons effondrées, champs détruits, biens perdus.
Nos pensées vont à toutes ces familles. Plusieurs de nos bénévoles et familles référentes ont été directement concernés. Nous leur adressons tout notre soutien.



