Quelles essences pour tenir face au climat sahélien ?

Baobab sous un ciel bleu en saison sèche

Planter un arbre qui ne survivra pas à la première saison sèche, c’est perdre du temps, de l’eau, de l’argent et surtout de la motivation. Le choix des essences est donc la première décision importante de chaque plantation, bien avant de prendre la pioche.

Dans une région comme celle de Niamey, ce choix est particulièrement délicat. Les arbres doivent supporter des mois sans une goutte de pluie, des températures très élevées, des sols souvent pauvres et sableux, sans oublier la présence des animaux.

Nos critères

Nous retenons des espèces qui répondent à plusieurs conditions :

  • supporter de longs mois sans pluie, une fois passée la première année ;
  • pousser dans des sols pauvres et sableux, sans engrais ;
  • être connues et appréciées des habitants ;
  • rendre un service concret : ombre, fruits, feuilles comestibles, fourrage ou bois.

Le dernier critère est souvent négligé, et c’est une erreur. Un arbre utile est un arbre protégé. Si une famille tire un bénéfice de l’arbre planté devant chez elle, elle aura toutes les raisons d’en prendre soin.

Les essences que nous plantons

Le neem. Très résistant et à croissance rapide, il donne de l’ombre en peu d’années. Son feuillage reste vert toute l’année. C’est l’arbre le plus demandé par les habitants, surtout en ville et le long des routes.

Le gao. Arbre emblématique du Sahel, il enrichit le sol et cohabite très bien avec les cultures, car il perd ses feuilles pendant la saison des pluies. C’est notre allié pour les zones agricoles. Il pousse lentement les premières années, mais il vit très longtemps.

Le moringa. Ses feuilles sont comestibles et très nutritives. On les utilise dans de nombreuses sauces. Les familles l’adoptent facilement, ce qui garantit un bon suivi.

Les acacias. Robustes, peu exigeants et adaptés aux zones les plus sèches, ils protègent les sols du vent. Certains donnent une gomme, d’autres un fourrage apprécié des animaux.

Le baobab. Lent à grandir mais extrêmement résistant, il peut vivre des siècles. Ses feuilles et son fruit sont très utilisés. Nous le plantons pour les générations futures, dans des lieux choisis avec soin.

Le jujubier. Résistant à la sécheresse, il donne de petits fruits appréciés et forme des haies efficaces contre le vent et les animaux.

Ce que nous évitons

Nous évitons les espèces trop gourmandes en eau, qui ne survivraient pas sans arrosage permanent. Nous évitons aussi les arbres qui ne sont pas originaires de la région et qui pourraient, plantés en grand nombre, prendre la place des espèces locales.

Le neem est un cas particulier : il n’est pas originaire du Sahel, mais il y est installé depuis longtemps et rend de grands services en ville. Nous le plantons, mais en mélange avec d’autres essences, et surtout pas en remplacement des arbres locaux.

Mélanger plutôt que choisir

Sur chaque site, nous plantons plusieurs espèces. Une plantation variée résiste mieux aux maladies, aux insectes et aux caprices du climat. Si une essence souffre une année, les autres prennent le relais.

Le mélange a aussi un intérêt pour les habitants, qui profitent ainsi de plusieurs usages : de l’ombre rapide grâce au neem, des feuilles avec le moringa, un sol enrichi par le gao.

Discuter avec les habitants

Avant chaque plantation, nous prenons le temps d’en parler avec les familles concernées. Quels arbres connaissent-elles ? Lesquels ont existé ici autrefois ? Lesquels leur seraient utiles ?

Ces discussions sont souvent passionnantes. Les anciens connaissent des arbres que nous avions oubliés, et savent où ils poussaient. Un arbre adapté, choisi ensemble, c’est un arbre qu’on n’a pas besoin de remplacer.

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