Taux de survie : ce que nous apprenons sur le terrain

Arbre isolé dans un champ sec

Planter est la partie visible du travail. Les photos de sessions, les sourires, les mains pleines de terre : c’est ce que l’on montre volontiers. Mais ce qui compte vraiment, c’est le nombre d’arbres encore vivants des mois, puis des années plus tard.

En novembre, deux mois après les dernières pluies, nous avons fait un premier passage sur tous les sites pour compter.

Comment nous avons compté

Sur chaque site, une petite équipe a parcouru les demi-lunes une à une. Pour chaque arbre, nous avons noté son état : vivant et vigoureux, vivant mais en difficulté, ou mort.

Ce comptage a pris du temps, d’autant que nous n’avions pas toujours noté précisément l’emplacement de chaque plant lors des sessions. C’est une leçon pour les prochaines saisons.

Les premiers résultats

Les résultats sont contrastés, et très instructifs.

Sur les sites suivis par une famille référente, la grande majorité des arbres est toujours en vie. Certains ont même déjà bien grandi depuis juillet. Les moringas et les neems sont particulièrement vigoureux.

Sur les sites sans suivi régulier, ou là où le suivi s’est relâché, les pertes sont beaucoup plus importantes. Des groupes entiers d’arbres ont disparu.

La leçon est claire : le suivi compte autant que la plantation. Peut-être même davantage.

Les principales causes de perte

En regardant de près les arbres morts, nous avons identifié plusieurs causes :

  • le manque d’arrosage pendant les semaines les plus chaudes d’octobre ;
  • les chèvres, qui mangent les jeunes pousses et parfois arrachent les plants ;
  • les plants abîmés pendant le transport, qui n’ont jamais vraiment repris ;
  • quelques plants installés trop tard dans la saison, fin septembre, qui n’ont pas eu le temps d’enraciner.

Les chèvres sont un vrai problème. Elles circulent librement dans beaucoup de zones et adorent les jeunes feuilles. Un arbre de quelques mois peut être détruit en une minute.

Ce que les essences nous disent

Toutes les essences ne réagissent pas de la même manière. Le neem et le moringa poussent vite et résistent bien. Les acacias sont solides. Le gao, lui, semble souffrir en surface, mais c’est normal : il consacre ses premières années à développer une racine profonde.

Nous apprenons à ne pas juger un arbre trop vite.

Ce que nous allons changer

Ces résultats nous ont conduits à prendre plusieurs décisions pour l’an prochain :

  • ne plus planter sur un site sans avoir trouvé au préalable des familles prêtes à suivre les arbres ;
  • tester des protections simples, en branchages épineux, contre les animaux ;
  • concentrer les plantations entre mi-juillet et fin août ;
  • noter précisément l’emplacement et l’essence de chaque arbre planté.

Pourquoi nous publions ces chiffres

Certains nous ont demandé pourquoi nous parlons ouvertement de nos pertes. Ne serait-il pas plus simple de ne communiquer que sur les arbres plantés ?

Nous pensons au contraire que l’honnêteté est essentielle. D’abord parce que nos bénévoles et nos donateurs méritent de savoir ce que deviennent leurs efforts. Ensuite parce que c’est en regardant nos erreurs en face que nous progressons.

Nous publierons un comptage complet à la fin de la saison sèche, en juin. D’ici là, les familles référentes continuent leur travail, et nous continuons nos visites.

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